jeudi 11 décembre 2008

Il était une fois à Calicut

Il était une fois à Calicut, 6 jeunes filles (oui, Krystelle est notre nouvelle coloc, malheureusement temporairement) qui avaient envie de prendre du bon temps après leur dure période d'exams. Elles trouvèrent à quelques kilomètres de cette agglomération plutôt bruyante, un petit coin de paradis: Kappad Beach . Découvert il y a à peine 600ans par Vasco de Gama, ce havre de paix conjugue sable presque blanc, mer quasi transparente, cocotiers et par chance, grand soleil!!! Décidant que si le paradis était à portée de main, autant en profiter à fond les ballons, nos demoiselles retournent dès le lendemain pique-niquer sur la dite plage (bon, ok elles se nourrirent de sandwich à la tomate dans du vieux pain de mie, de chips onion&cream et de bananes, y'a plus glam) et parfaire leur bronzage, bercées par le doux son des vaguelettes.

Quand soudain, un indien fit irruption pour regarder de près ces jeunes filles, puis deux, puis trois, puis...100!!! Des familles débarquèrent observant ces phénomènes de foire, qui se rhabillèrent illico presto, quelque peu honteuses de leur micro bikini . Une petite fille s'arrêta même pour voir de près ce qui était pour elle "les gens de la télé". Les supernanas ce sont senties un peu oppressés par tous ces regards, et surtout ces regards d'hommes insistants, ces "what's your name" à répétition, ces "where are you from?" à la chaîne. Mais pourquoi notre petite île a-t-elle soudain été envahie?

Eh oui, c'était le jour de l'Aïd, une des principales fêtes musulmanes, dans une ville où la majorité de la population est islamique. Voilà pourquoi toutes les familles étaient de sortie, exhibant leurs beaux habits flambant neufs.
Seulement, ces regards ont rendu nos 6 filles mal à l'aise, et même plus, les ont irritées, rendues un peu hystériques (pour certaines)et ont reflété l'incompréhension qu'il pouvait y avoir entre la culture indienne et la culture occidentale. Plus facile de s'énerver devant le décalage de maturité, devant le manque de vocabulaire, devant les rires mésinterprétés, que d'essayer de comprendre, ou de ne pas comprendre, que finalement on aura toujours du mal à se comprendre.
Car oui, quelque soit le degré d'énervement que ça a pu provoquer chez ces jeunes filles, chez nous, légitimement où non, nous avons fait preuve d'une belle intolérance face à ces gens si différents. Que cela nous serve de leçon.