lundi 29 septembre 2008

Don't touch!

Aujourd’hui à l’université je suis allée aux toilettes. Ok, ce n’est pas un événement en soi, mais attendez la suite ! cette petite anecdote, loin des histoires de PQ et de tout ce que vous pouvez vous imaginer, est très révélatrice de la société indienne.
Une femme y faisait le ménage ; en fait elle devait avoir mon âge. En sortant de mon petit pipi, je lui souris, comme une sorte de signe de connivence, au-delà d’une politesse conventionnelle . Et là, elle baisse la tête . Eh oui ! J’oublie trop souvent qu’il y a des personnes ici qui sont considérés comme des êtres inférieurs, impurs : les INTOUCHABLES.
Tous ces gens que l’ont voit balayer les rues, que l’on croise tous les jours et qui dorment par terre, qui nous rendent ce qu’on peut appeler des services, et bien ceux-là, vivent dans l’ombre de la société.
Ophély, notre petit puits de sciences (t’enflamme pas Oph !) nous a appris qu’aujourd’hui, encore 2 intouchables par jour étaient tués ; et qu’il y a quelques années, si l’ombre d’un intouchable touchait une personne appartenant à une caste, ce « Dalit » comme on les appelle, était exécuté sur le champ.
Voilà à quel point les notions d’impureté et de pureté touchent le quotidien indien, et imprègnent la société… c’est ouf non ? ne vous attendez jamais à ce qu’une personne dans la rue vous rendent un sourire, un regard, ce serait vous déshonorer, ou pire, vous salir…
Nous, petite coloc’ de l’ambiance, sommes encore loin d’avoir décelé tous les dessous de cette société plus que complexe.

mardi 23 septembre 2008

Bilan de 3 semaines à Chennai




Ahlàlà... 3 semaines à Chennai!!! Toute une histoire...ou pas du tout d'histoire en fait!et c'est bien ça le problème.

Démotivation dûe aux cours inintéressants, absence d'occupations occupantes, de sport, nourriture trop peu variée avec gros gros manque de viande...voilà en bref les raisons de notre blasage collectif.

Il y a très peu de choses à faire à Chennai, peu ou pas d'endroits attractifs; marcher dans les rues est particulièrement déplaisant, voir impossible: cela revient à slalomer entre les voitures, rickshaws, motos, dans une circulation et un bruit d'enfer, sur fond de pollution intense ;le tout dans une moiteur difficilement supportable. Ceci nous amène à peu nous déplacer, car tout déplacement se fait en rikshaw, ce qui prend du temps (en comptant la traditionnelle mais néanmoins fatigante négociation avec le chauffeur), beaucoup de temps et c'est usant.

Voilà, en fait Chennai c'est usant; mais paradoxalement, c'est usant pas son manque de dynamisme et de mouvement dans un monde pourtant grouillant comme une ruche; c'est usant pas la lenteur du rythme de vie que cela nous impose, et par l'adaptation à celui-ci que les circonstances supposent; c'est usant de vouloir se battre pour s'imposer un mode de vie dont on a l'habitude, dans un univers qui n'y est absolument pas adapté; c'est usant de se dire que finalement, il faut s'y faire à ce mode de vie qui n'est pas le nôtre, que oui ,il n'y a pas grand chose à faire à Chennai, et que c'est ça aussi l'Inde: se retrouver face à soi, sans le parasite pourtant bien confortable de nos activités quotidiennes qui remplissent nos vies hyperactives sans nous laisser le temps de penser.


C'est dur, mais c'est un défi à affronter pour vivre à fond cette aventure hors du commun! Et puis je ne suis pas seule: mes spice girls sont avec moi, plus ou moins dans le même état d'esprit, et on va toutes se battre pour se plier un minimum à l'Inde.

Et ça commence par une super bonne bouffe: au menu, steak de thon frais, avec purée de pommes de terre aux petits oignons faite maison et haricots verts à l'ail... what else??? Rien de tel qu'un bon repas pour reprendre du poil de la vache!On t'aura insaisissable Mother India!

dimanche 21 septembre 2008

chennai by night





Il faut savoir que dans la conservatrice Chennai se trouvent des petits îlots de branchitude (si si, je vous jure!)! ceux-ci sont résevés à nos nuits de folie indienne...qui finissent à 23h30!


Samedi, nous avons expérimenté une nouvelle boîte: Le SPEED (un peu ironique vu le rythme indien!)! Et devinez quoi??? J'avais l'impression d'être en France! Partout des ptits mecs pseudo beaugosses qui se la pétaient tous avec leur crête sur la tête, genre chalala du XVIIème, avec tous la même dégaine;Des ptites meufs qui n'osent pas danser sur la piste et qui sont toutes sur leur 31, à minauder avec un verre à la main...aaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhh ça fait du bien!!!

En plus, soirée électro, donc on a dansé comme des ouf!


En fait, on a eu vent de cette boîte grâce à 4 indiens avec lesquels on a sympathisé et qui sont...plus proches de nous on va dire, avec une mentalité beaucoup plus occidentalisée; mais le point commun de Deepak, I.K, Rahil et Ash, c'est qu'ils ont tous vécu quelques temps, soit en Europe, aux States, ou en Australie, et ça mes amis, ça change TOUT!!!

par exemple, quand on a demandé à Rahil si il allait se marier avec une fille que ses parents allaient trouver pour lui, il a répondu avec beaucoup de recul que effectivement, ce sont ces parents qui vont lui trouver sa femme; cependant, il aura la possibilité de refuser si elle ne lui plaît pas: il a le CHOIX!et ça, d'après lui, c'est une grande évolution !


Je ne peux pas évoquer nos soirées sur chennai (prononcer "tchénayyyyyyyyyy") sans parler du 10 Downing Street, dont nous sommes fidèles à l'Open Bar du mercredi! Franchement je ne crois pas qu'on ait passé une mauvaise soirée dans cette boîte fréquentée par pas mal d'expats, où la musique est juste géniale: est-ce que c'est pas la classe d'entendre des DJ français diffusés à l'autre bout du monde? Eh oui,la petite flamme patriote qui est en moi s'allume dès que j'entends Bob Sinclar et David Guetta!...et non pas quand je vois des photos du p'tit Nicolas!na!


Attention aux petits novices tout de même: on ne peut pas embrasser un garçon dans les boîtes à chennai, sinon gare aux videuuuuuuuuuuuuuuuuurs!

mercredi 17 septembre 2008

La lettre

Aujourd'hui, surprise dans la boîte aux lettres de l'immeuble: une enveloppe à mon nom dont l'écriture m'est familière... ANTOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINE!!!!!!!!!!!!!!Aaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhh!!!!!!!!!!!!!! Tellement contente! Qui plus qu' Antoine Idier pourrait avoir l'attention de m'envoyer une feuille manuscrite recto verso à l'heure des mails et sms??? Qui plus que lui savait que j'y serais ultra-méga-sensible?!! Tellement émue de lire ces quelques mots si antoinesques dans lesquels je retrouve mon compère (plus con que père d'ailleurs), à la fois drôle et touchant; la photo qui accompagne la lettre reflète elle-même le personnage décalé que j'aime tant et l'anecdote qui va avec m'évoque toutes les petites hontes qu'on a pu vivre ensemble!
Et pour couronner le tout, la lettre et la photo sont accompagnées d'un article du "Monde" sur les frères Boltanski, en référence à Luc Boltanski, auteur de la pièce de théâtre dans laquelle j'ai joué l'année dernière;et Antoine sait à quel mpoint cette pièce m'a tenue à coeur.
Donc voilà, tant d'attention m'a particulièrement touchée, émue, figé dans un sourire niais allant de delà à delà... Merci mon Tonio, tout simplement.

Cours, le retour

Juste un petit post pour compléter celui d’hier sur les cours ; en fait, on apprend beaucoup d’eux : non pas par leur contenu, mais plutôt grâce à leur forme. Le statut du professeur, en tant qu’entité nettement supérieur aux élèves, montre bien l’importance de la hiérarchie en Inde, omniprésente dans tous les aspects de la vie. Le respect sans faille de ses élèves (alors qu’ils n’ont pas vraiment leur mot à dire) témoigne du fait que cette hiérarchie est intériorisée comme une norme. Ce rapport prof/élève est le reflet de beaucoup d’autres relations sociales au pays de Gandhi, basées sur la domination ; ce qui rappelle étrangement le système des castes…

En plus, ces cours me font réaliser à quel point je suis ancrée dans ma propre culture « scolaire » : pour moi , un bon cours tourne autour d’une problématique, laisse place à la critique et à l’analyse, engage une réflexion ; Or ici, ceux-ci me paraissent tout bonnement fades. Mais pourquoi ces cours seraient-ils « inférieurs » à ceux dont j’ai l’habitude ? Justement car je n’ai pas l’habitude de ceux-ci, et on a tendance à peu aimer ce que l’on ne connaît pas, à juger à l’aune de sa propre culture. Ca s’appelle de l’ethnocentrisme, et je le pratique un peu trop souvent ici je pense ;je suis beaucoup plus imprégnée par ma culture que je ne l’aurais cru !
Cela dit, mes cours sont toujours nul à chier !Lucide mais butée…

mardi 16 septembre 2008

Holidays!

Lundi matin...wake uuuuuuuup!!! Encore un jour se lève sur la planète Chennai... et oui, on doit aller en cours...pas envie...aaaaaaaaaaaaarrrrrrghhhhhhhhh!!!! quand soudain, coup de fil de clémentine, notre géographe à nous, déjà partie à l'université, nous annoncant: "les filles il n'y a pas cours aujourd'hui car c'est une fête religieuse, un truc genre Anna's day!" Et là je replonge dans mes années collège ,quand je priais pour que le prof en retard soit en fait absent, et que l'on n'ait pas cours...YES!!!des vacances imprévues...what else?
Tout ça pour montrer quel est mon état d'esprit quand à l'université ici. Ne pas aller à la fac est un soulagement car les cours ne sont pas très intéressants:peu creusés, peu compréhensibles à cause de l'accent poulet curry -pudding, absolument pas interactifs, et encore moins analytiques!Vous l'aurez compris, je lève mon panneau "PAS CONTENT".

Petit tour de mes cours:
-INDIAN SOCIETY, STRUCTURE AND PROCESS: achtung!Ne vous fiez pas au titre alléchant: le prof répète 116 fois la même chose dans un cours purement descriptif qu'on pourrait retrouver plus détaillé sur wikipédia; très en surface, pas du tout engagé,décevant...

-INTERNATIONAL THOUGHT: très difficile à décrire, puisqu'en 2mois, nous n'avons eut cours que 2 fois! le prof était abset car il était...trop occupé!Le cours en lui-même relate les grandes théories de la pensée politique internationale, rien de très sexy, d'autant plus qu'il dure 2h.

- INTER-CULTURAL PHILOSOPHY: le cours le plus intéressant, surtout dans notre relation avec le prof;nous ne sommes que 4 à ce cours (nous 4, sans clémentine), ce qui le rend de fait plus interactif! Le contenu est pas mal: il s'appuie surtout sur le postulat que le multiculturalisme semble être un idéal atteignable face aux grandes tendances que sont par exemple l'anthropocentrisme ou le technocentrisme, dans un contexte de mondialisation et d'uniformisation des différentes cultures justement.

J'ai un dernier cours dans le département "défense et stratégie" dont je ne me rappelle plus l'intitulé! Il commence demain à 9h (mille fois trop tôt) donc il est grand temps pour moi d'aller dodoter! Buena noche

lundi 15 septembre 2008

C'est parti pout mamalliiiiiii!!!!!




Dimanche matin à Chennai. On se réveille toutes un peu blasées parce qu'il n'y a rien à manger, et que le brunch du dimache matin est une tradition inébranlable: que ce soient oeufs brouillés et fruits frais ou crêpes party, c'est un moment gastronomique privilégié de notre vie! D'ailleurs, je crois que les repas sont pour nous un baromètre à Chennai... Bref, ce jour là, le frigo vide n'a fait qu'accentuer un petit coup de moins général dû à une semaine peu remplie.

Quans soudain, dans un éclair de génie, notre Clémsou nationale nous dit avec sa gueule d'ange; "et si on partait à mamallipuram direction la plage???" Et c'est parti pour une aprèm bronzette totalement improvisée!

Mamallipuram est à environ 1h30 de bus de Chennai; nous sommes allées en fait sur une plage privée à 20km de là, histoire de marcher dans du sable propre, et de pouvoir se baigner en bikini (infaisable sur une plage peuplée d'indiens!)! En fait ce lieu dépendait d'un complexe hôtelier 100% pur bourge dont on a allègrement profité (eh oui nous nous sommes baignées dans la magnifique-piscine-même-pas-en-rêve-tu-l'imagines de ce palace)! Pur moment de bonheur à un moment où on en avait toutes besoin...

C'est un peu ça l'Inde: des retournements de situation imprévus, un passage brutal d'un état à un autre:de l'épuisement à l'extase, de la crasse au luxe. In India, "everything is possible" (je cite notre prof référent à l'université dont cette phrase prononcée durant notre 1er entretien résume, pour moi, l'Inde à elle seule)

dimanche 14 septembre 2008

Et si on restait à Chennai??




Depuis notre installation dans l'appart', on n'a pas arrêté de voyager: Ooty, pondichéry, Mamallipuram, Mysore, Bengalore, Hampi, Kérala, et j'en passe (en fait non, j'en passe pas, je crois que j'ai tout dit, mais c'était juste pour me la péter un peu!)... Mais là, on a pris collectivement la décision de rester pendant quelques temps sur Chennai. Eh oui!affrontons à bras le corps la pollution, la circulation de folie, les odeurs qui vous retournent le coeur avant même d'avoir pu murmurer un "ça pue grave", et la chaleur moite qui vous donne l'impression d'être aussi suante que Zizou après 9 coupes du monde d'affilées. Fini la fuite, c'est l'heure de s'implanter dans ce qui devient NOTRE ville pour une année.

Après de nombreuses discussions, nous avons décidé dans un premier temps de s'investir dans les projets de l'alliance française. Comme ils sont branchés Art&culture, j'ai songé à monter une petite pièce de théâtre dans ce cadre; apparemment ça pourrait fonctionner, mais bon, pour l'instant rien n'est fait. Je croise les doigts...inch'allah! On s'est également rendu dans une ONG: Speed Trust. Celle-ci a fait un travail impressionnant auprès de bidonvilles, en offrant de nombreux sevices: une crèche, des cours de soutien scolaire, une assistance sociale, une mutuelle, des formations à la couture et à la conduite de Rickshaw; on est vraiment restées bouche bée devant ce travail de Titan dans un contexte qui est loin d'être facile!Mais ils n'ont pas la place pour plusieurs bénévoles, dnc seule Oph, qui fait un mémoire sur la ville et la pauvreté, va bosser là-bas. OphélY, tu es l'ELUE!
Cette semaine fut bien sûre saupoudrée de cours à l'université (humhum...vous en saurez plus dans un article exclusivement consacrés à ceux-ci), mais surtout, couronnée d'une sortie au "10 downing street" notre désormais QG pour sortir à Chennai! ça fait teeeeeellement de bien de voir des indiens, et surtout, des indiennes s'éclater sur la piste! Une bouffée d'oxygène dans une ambiance pourtant enfumée...qui s'arrête malheureusement a 23h30, heure où toutes les boîtes ferment à Chennai...Oups!

"La coloc' de l'ambiance"!!!!



Bon, commençons par le commencement;l'Inde c'est avant tout ce concept: la coloc de l'ambiance! Réunies par un concours de circonstances, ces 5 filles dans le vent étaient faites pour se rencontrer!!! Les Spice Girls in India...qui l'eut cru? Remarquez, les filles épicées au pays du massala, rien de très surprenant finalement! Bref, on est toutes différentes, on se complète, tout en ayant des valeurs communes qui nous structurent en une entité maintenant célèbre dans tout Chennai! Clém, OphélY, Yaya, ClémentYne et moi réunies dans un appar't à faire manger un méchoui à Gandhi!On rit, on parle des heures, on mange (mais alors des bouffes de ma-lade), on sort, et même parfois, on bosse!

C'est le cocon occidental dont chacune pouvait rêver pour affronter Mother India, ce qui n'est pas tous les jours une mince affaire! Mais plus qu'une révolution glam dans la conservatrice Chennai, la coloc de l'ambiance a carrément décidé de s'ancrer dans la vie indienne, pour profiter à fond de cette année de folie qui est une chance indescriptible!

samedi 13 septembre 2008

ça y'est!


Voilà, après avoir clamé haut et fort "moi faire un blog???jamais!" je reviens sur mes positions.
"Un blog?pourquoi pas finalement!". J'avais envie de partager mes anecdotes, mes impressions sur l'Inde, mes ressentis par rapport à des situations quotidiennes pas toujours évidentes, mes voyages de ouf...bref, le blog s'imposait à moi, comme Jane à Tarzan, comme le nutella à la tartine, comme la vache à l'Inde...! (J'ai répété 3 fois le mot blog en un message, preuve de ma rédaction de foly)
Let's go my dearrrrrrr (avec l'accent indien)