jeudi 11 décembre 2008

Il était une fois à Calicut

Il était une fois à Calicut, 6 jeunes filles (oui, Krystelle est notre nouvelle coloc, malheureusement temporairement) qui avaient envie de prendre du bon temps après leur dure période d'exams. Elles trouvèrent à quelques kilomètres de cette agglomération plutôt bruyante, un petit coin de paradis: Kappad Beach . Découvert il y a à peine 600ans par Vasco de Gama, ce havre de paix conjugue sable presque blanc, mer quasi transparente, cocotiers et par chance, grand soleil!!! Décidant que si le paradis était à portée de main, autant en profiter à fond les ballons, nos demoiselles retournent dès le lendemain pique-niquer sur la dite plage (bon, ok elles se nourrirent de sandwich à la tomate dans du vieux pain de mie, de chips onion&cream et de bananes, y'a plus glam) et parfaire leur bronzage, bercées par le doux son des vaguelettes.

Quand soudain, un indien fit irruption pour regarder de près ces jeunes filles, puis deux, puis trois, puis...100!!! Des familles débarquèrent observant ces phénomènes de foire, qui se rhabillèrent illico presto, quelque peu honteuses de leur micro bikini . Une petite fille s'arrêta même pour voir de près ce qui était pour elle "les gens de la télé". Les supernanas ce sont senties un peu oppressés par tous ces regards, et surtout ces regards d'hommes insistants, ces "what's your name" à répétition, ces "where are you from?" à la chaîne. Mais pourquoi notre petite île a-t-elle soudain été envahie?

Eh oui, c'était le jour de l'Aïd, une des principales fêtes musulmanes, dans une ville où la majorité de la population est islamique. Voilà pourquoi toutes les familles étaient de sortie, exhibant leurs beaux habits flambant neufs.
Seulement, ces regards ont rendu nos 6 filles mal à l'aise, et même plus, les ont irritées, rendues un peu hystériques (pour certaines)et ont reflété l'incompréhension qu'il pouvait y avoir entre la culture indienne et la culture occidentale. Plus facile de s'énerver devant le décalage de maturité, devant le manque de vocabulaire, devant les rires mésinterprétés, que d'essayer de comprendre, ou de ne pas comprendre, que finalement on aura toujours du mal à se comprendre.
Car oui, quelque soit le degré d'énervement que ça a pu provoquer chez ces jeunes filles, chez nous, légitimement où non, nous avons fait preuve d'une belle intolérance face à ces gens si différents. Que cela nous serve de leçon.

mercredi 26 novembre 2008

coupé!!!

Juste un petit post pour vous parler d'un élément très présent dans notre vie quotidienne indienne: la "power cut" (ou coupure de courant pour les moins anglophones d'entre nous)! Et croyez-moi, on propre comme au figuré, ça fait péter des cables!
Je m'explique: environ une fois par jour vers 16h30, les ventilos s'arrêtent sans crier gare, nous commençons à suer à grosses gouttes, nos PC se refusent à facebooker, et il n'y a désormais plus d'espoir de fraîcheur dans notre vie puisque le frigo est dans le coma! Et bien sûre, tous les jours on oublie qu'elle aura lieu cette fameuse panne qui contamine le quartier et qui entame un bon bout de notre aprèm! Car oui, nous ne sommes pas les seules victimes: les commerçants nous éclairent à la torche dans leur boutique, transformant ainsi les courses en expédition scout, ce qui est assez funky ma foi!
Cependant, à certain moments, qu'est-ce qu'elle tombe mal cette coupure... d'autant plus ces jours-ci où la nuit tombe vers 17h. Par exemple, lorsqu' l'on doit réviser ses exams, qu'on est à la bourre, que la moindre minute compte, et que LA, l'électricité s'arrête, on se retrouve à réviser à la lampe de poche, telles des petites michkinas, et c'est glauuuuuuucque!
Mais bon, ça fait partie de notre petit folklore quotidien, qui compense tout en étant lui-même si lumineux...

samedi 22 novembre 2008

La montagne ça nous gagne!


Un petit village des alpes?Les Vosges, la résurrection???eh non!Nou sommes bel et bien en Inde, à Kodaikanal!Bien contentes de quitter notre air over-méga pollué pr remplir nos poumons d'air pur, nous avons mille projets en tête:trekking, cheval, vélo, balades sur le lac, pique-niques... of course, on en a fait que la moitié, mais qu'eeeeeest-ce que ce dépaysement nous a fait du bien!



Sur ce lac, nous avons fait du pédalo! petites courses, cris de guerres, on a 8ans, on gèle, mais quel pied d'être dans ce calme inhabituel pour l'Inde! Seul petit bémol comme vous l'avez compris: le froid. Dès que la nuit commence à tomber, la température descend à environ 10 degrés, donc nous sortons nos ravissantes polaires et tout l'attirail anti-glam de rigueur: on est jackie et on assume!...presque



Ici, le concept, c'est le cache-oreille: c'est moche, mais ça marche!!!En fait non, c'est pas moche, mais c'est trop drôle!(cf Clémence à qui ça fait une petite tête d'Alien).
Notre super plan pour kodai, c'était de se faire un trekking, histoire de bouger nos fefesses bcp trop habituées aux canapés bien confortables et aux banquettes de rikshaw.
Et c'est parti pour 5h de rando dans un cadre super sympa, avec des cascades magnifiques, un guide papa qui nous apprend à remballer les mecs en tamoul, et des plaintes pré-courbatures!






J'avoue, 88% des plaintes provenaient de moi-même qui avait eut la bonne idée de mettre des petites chaussures en toile trop petites pour faire de la grimpette! Bravo Chachou! Donc, a moi les big ampoules, les bobo-gros doigts de pied, et le fameux "j'en peux plus je vous attend là"!!! Et effectivement, je me suis posée dans une sorte de petite buvette perdue en pleine montagne où je me suis éclatée: je me suis fait des potes israëliens, on a bien tchatché, bu du thé, et surtout, j'ai reposé mes petons tout abîmés. Les filles sont arrivées rouges et suantes, donc pas de regrets!!!


Le retour fut légèrement moins agréable: un bus de nuit sur une route indienne bien cahoteuse comme on les aime!Mais le jeu en valait bien la chandelle.




















jeudi 13 novembre 2008

Brunch à l'indienne







Aujourd'hui est un grand jour: Clémentine s'est décidée à inviter ses potes de classe indiennes (qui lui ont appris qu'elle se faisait très mal voir en s'habillant deux jours de suite de la même manière, la crado!) pour bruncher avec nous. Au menu: crêpes of course! hyper exotique pour les filles car typiquement français.



Elles sont donc arrivées et nous sommes passées directement à table. Là, l'épreuve a commencé: au moment de goûter les crêpes, gros blanc...on les observait comme si elles passaient un test! On avait conseillé à Francina une crêpe tomates-pesto, et lorsqu'elle l'a goûté, elle a fait la même tête que Thérèse avec les doubitchous! la pauvre!Elle s'est sentie obligée de dire qu'elle aimait bien ce qu'elle mangeait jusqu'à ce qu'on lui assène à coup de cultural gap, que oui, elle avait le droit de ne pas aimer, que c'était normal, et que combien de fois nous, nous avions laissé sur le bord de notre assiette du biryani ou des atroces pâtisseries au ghee!!!






Bref, cette petite gêne dépassée, on a commencé à entamer des discussions plus sérieuses: Divia a notamment donné son point de vue à Yaya sur les musullmans. Tout en estimant ne pas faire de généralisation, celle-ci , en tant qu'Hindoue, est convaincue que les mususllmans sont sales, sentent mauvais et sont violents par nature...GLOUPS!!! rien ne sert de débattre quand ces pensées semblent être si rigidement ancrées, mais nous n'en sommes pas moins révoltées pour autant, ce qu'on s'est fait ressentir dans le débrief post-brunch.



Ses copines semblent plus ouvertes. Même si elle considère que sortir, boire ou fumer permet de qualifier une fille de "bad girl", Minou (oui oui, c'est son nom) a pas mal de recul sur les traditions indiennes qui nous paraissent à mille lieues des nôtres. Nous en sommes vite venues à aborder le sujet du mariage arrangé, et elle nous a raconté les différentes étapes du processus; les parents cherchent un mari pour leur fille par le biais de sites internet ou de brokers. Les candidats sélectionnés devront avoir un horoscope en adéquation avec celui de la future mariée... Une sorte de casting popstar incluant le paramètre "balance ascendant sagittaire"! ensuite, elle rencontre le jeune homme avac sa famille, et si il ne lui plaît pas, elle peut totalement dire NON de narta à ses parents, qui partiront à la recherche d'un autre bachelor. Apparemment c'est une grande évolution que la fille puisse refuser l'homme qu'on lui propose; ainsi Minou ne se considère pas prisonnière de ces traditions, d'autant plus qu'elle est issue d'une famille plus libérale que la moyenne. Mais elle est totalement consciente que ce genre de situation puisse nous paraître à nous inconcevable, ce qui est une preuve d'ouverture d'après moi.






Changement total par rapport à une rencontre que l'on a faite quelques semaine auparavant: Aradana. Elle vient du nord de l'Inde, de la région du Darjeeling (not limited) et elle fume, elle sort et a même battu à plate couture Oph au concours de shots cul sec du 10Downing street! Aradana nous a raconté ses histoires d'amour à Pondichéry où elle fait ses études de français pour être hôtesse de l'air, ses déceptions, ses attentes par rapport aux mecs... On se sentait face à...une pote! en tout cas, face à quelqu'un qui on pourrait devenir proche, sans que cette foutue barrière culturelle empêche des liens forts de se créer.






En tout cas, une situation de plus témoignant de la diversité de l'Inde: Inde moderne versus Inde conservatrice, Indépendance versus attachement profond à la famille et à ses traditions... Il n'y a pas UNE Inde

mercredi 29 octobre 2008

Les filles de l'Hostel











Lundi, jour de Diwali (le nouvel an Hindou) j'ai accompagné Oph dans une sorte de foyer de jeunes filles qui est une annexe de l'ONG speed trust où elle bosse. Ce sont toutes des filles qui ont des histoires familiales à faire pleurer princesse Sarah...quand elles ont une famille! Oui, car certaines d'entre elles n'ont plus aucun parent. Sur le chemin, nous avons acheté des crackers (pas de Belin, mais des pétards in english) car c'est une tradition à Diwali que de les faire exploser toute la journée et la nuit.
En arrivant à l'hostel je me suis pris une bouffée d'amour en pleine figure: des filles, de 2 à 19ans, avec un sourire qui va de Rennes à Moscou, qui te sautent dans les bras, se présentent, te demandent ton prénom, et t'embrassent! Yemma, une petite à croquer de 2ans, haute comme 3 pommes m'a fait 2 bises sur la joue et un bisous sur le front, de manière rituelle, c'était génial! Elles sont tellement douces, affectueuses, espiègles, et surtout pleines de vie! (ça fait un peu pub pour pedigree pal mais c'est tellement vrai)

On a fait exploser les pétards avec les filles, et les garçons du quartier, et je crois que ça les a bien amusé! Avec oph on flippait plus qu'eux à cause du bruit, c'était drôôôôle!
Et puis après, on a dansé, c'était trop incongru! Priti a mis de la musique indienne et on s'est toutes déchaînées dessus! on a dansé avec les filles, qui nous ont montré des bases de danse indienne, c'était juste génial! En plus un petit voisin (il devait avoir 10ans) est venu faire une démonstration de danse: il a enflammé la salle, tel Mickael Jackson version Bollywood! Un vrai phénomène, on s'est éclaté!

Au moment des aurevoir, les petites ne voulaient pas nous laisser partir, c'était émouvant. Mais bon, ce n'est que partie remise, parce que de notre côté comme du leur, on n'a pas envie que l'aventure s'arrête là!

mercredi 22 octobre 2008

Mousson lààààààààààà!!!!

Un rickshaw qui vous éclabousse de la tête au pied juste avant d'aller en cours?? Du linge sur votre terrasse voué à ne jamais sécher? Un K-way factice adidas qui vous donne l'air plus Jackie que jamais???eh oui, c'est la MOUSSON!!!
C'est en fait l'hiver ici:on commence à se les cailler (ben oui, il ne fait plus que 26 degrés) et la douche froide devient une épreuve à la Koh-lanta! on est réveillé par les pluies torrentielles à 6h du mat' qui nous rappelle que oui, pour la 17eme fois de la semaine on a oublié notre linge sur la terrasse qui est à présent trempé et sur-crade!yihaaaaaaaaaaah!!!mais que non, flemme chronique oblige, on ne le retirera pas!Question de principe!
Mais moi je trouve ça drôle la mousson. Ca donne envie de faire des pubs tahïti douche dans la rue (attention, pas de concours miss Saree mouillé en revanche) et de marché a pieds joints dans ces immondes flaques qui nous arrivent aux mollets!
D'ailleurs, je pense à lancer un concept: si il y a les soirées mousse en Europe, pourquoi pas les soirées mousson en Inde???On ferait la fête à ciel ouvert et chantons sous la pluie tous ensemble! Certes les chips seraient légèrement ramollies, les enceintes noyées, mais je pense que c'est à tenter!
Cependant, petit bémol:cette odeur omniprésente de caca qui remonte et flotte dans l'air de manière effrontée...

vendredi 10 octobre 2008

Varkala...what else?










La plage, le ciel bleu, les cocotiers...eh non ce n'est pas la pub pour Tahïti douche, mais VARKALA ,petit village paradisiaque situé dans l'état du Kerala (je sais, ça fait beaucoup de "ka" et de "la", d'ailleurs,ils sont assez adeptes de la KALAchnikov!).



Après notre douloureux périple en train, on découvre donc ce coin de paradis, Clém, Yaya et moi. Comble du bonheur: notre guest house est une petite hutte en bamboo trop choubidou avec une salle de bain à ciel ouvert pour que on puisse même faire pipi sous les palmiers! Ingénieux ces petits kéralais...


Après notre installation, direction petit déj: Varkala est en fait installé sur une falaise bordée de boutiques tibétaines en tout genre (ne me demandez pas pourquoi cette invasion de tibétains, no se!) et de petits restos/cafés hyper sympas dans lesquels on se gavait de fresh juices (achtung: du pure, sans sucre et sans eau, sinon miss scandale entre en action) et où on se faisait des super dîners. Car oui, pour ne rien gâcher, la nourriture kéralaise est SURKIFFANTE!!!! En fait une de leur spécialité est le "fish in banana leaf", c'est-à-dire un poisson tout frais cuit dans une feuille de bananier avec un millier d'épices succulentes. Et comme nos amis les tibétains sont archi-présents à Varkala, ils nous ont aussi fait découvrir leur spécialité culinaire: les MOMOS!!! (a ne pas confondre avec notre épicier adoré qui reste toujours ouvert tard le soir au cas où on ait une ptite envie de fraises tagada vers 23h) En fait ce sont des ravioles vapeur fourrées soit de crevettes, de poulets, de légumes...bref, vous allez me dire "comme ce qu'on trouve chez le traiteur chinois du coin"!eh bien figurez vous que j'ai adroitement clamé cela devant un tibétain qui m'a répliqué que NON, ceci était bien une spécialité tibétaine que s'étaient appropriés les (connards de) chinois!!!Oh la boulettte...


Mais le must à Varkala, c'est qu'on s'est fait des pooooooootes!!! (et qu'on a bronzé aussi)et oui, il y a pas mal de touristes, dont 3 ptits mecs français Chalala mais pas trop, parisiens avec tout ce que ça comporte, et tout simplement géniaux!!!On s'est vraiment éclaté avec eux, nous qui n'avions plus l'habitude de côtoyer la gente masculine de près, c'était vraiment sympa! Tellement sympa en fait que l'on est resté plus longtemps malgré la reprise de nos cours, et qu'on les a suivi dans leur périple jusque Cochin, une des principales villes du Kerala. Et à Cochin, sur la terrasse d'un café, qui croise-t-on??? CLEMENTINE, notre coloc expatriée avec son copain Coco, tous deux en vadrouille dans l'Inde du sud!!!C'est énorme non??? Je crois qu'un super beauf "le monde est petit" s'impose.


C'est un peu ça en fait la magie de l'Inde: des rencontres qui vous marquent, des moments plus que surprenants et des lieux indescriptibles... cliché???mais tellement vrai...


lundi 29 septembre 2008

Don't touch!

Aujourd’hui à l’université je suis allée aux toilettes. Ok, ce n’est pas un événement en soi, mais attendez la suite ! cette petite anecdote, loin des histoires de PQ et de tout ce que vous pouvez vous imaginer, est très révélatrice de la société indienne.
Une femme y faisait le ménage ; en fait elle devait avoir mon âge. En sortant de mon petit pipi, je lui souris, comme une sorte de signe de connivence, au-delà d’une politesse conventionnelle . Et là, elle baisse la tête . Eh oui ! J’oublie trop souvent qu’il y a des personnes ici qui sont considérés comme des êtres inférieurs, impurs : les INTOUCHABLES.
Tous ces gens que l’ont voit balayer les rues, que l’on croise tous les jours et qui dorment par terre, qui nous rendent ce qu’on peut appeler des services, et bien ceux-là, vivent dans l’ombre de la société.
Ophély, notre petit puits de sciences (t’enflamme pas Oph !) nous a appris qu’aujourd’hui, encore 2 intouchables par jour étaient tués ; et qu’il y a quelques années, si l’ombre d’un intouchable touchait une personne appartenant à une caste, ce « Dalit » comme on les appelle, était exécuté sur le champ.
Voilà à quel point les notions d’impureté et de pureté touchent le quotidien indien, et imprègnent la société… c’est ouf non ? ne vous attendez jamais à ce qu’une personne dans la rue vous rendent un sourire, un regard, ce serait vous déshonorer, ou pire, vous salir…
Nous, petite coloc’ de l’ambiance, sommes encore loin d’avoir décelé tous les dessous de cette société plus que complexe.

mardi 23 septembre 2008

Bilan de 3 semaines à Chennai




Ahlàlà... 3 semaines à Chennai!!! Toute une histoire...ou pas du tout d'histoire en fait!et c'est bien ça le problème.

Démotivation dûe aux cours inintéressants, absence d'occupations occupantes, de sport, nourriture trop peu variée avec gros gros manque de viande...voilà en bref les raisons de notre blasage collectif.

Il y a très peu de choses à faire à Chennai, peu ou pas d'endroits attractifs; marcher dans les rues est particulièrement déplaisant, voir impossible: cela revient à slalomer entre les voitures, rickshaws, motos, dans une circulation et un bruit d'enfer, sur fond de pollution intense ;le tout dans une moiteur difficilement supportable. Ceci nous amène à peu nous déplacer, car tout déplacement se fait en rikshaw, ce qui prend du temps (en comptant la traditionnelle mais néanmoins fatigante négociation avec le chauffeur), beaucoup de temps et c'est usant.

Voilà, en fait Chennai c'est usant; mais paradoxalement, c'est usant pas son manque de dynamisme et de mouvement dans un monde pourtant grouillant comme une ruche; c'est usant pas la lenteur du rythme de vie que cela nous impose, et par l'adaptation à celui-ci que les circonstances supposent; c'est usant de vouloir se battre pour s'imposer un mode de vie dont on a l'habitude, dans un univers qui n'y est absolument pas adapté; c'est usant de se dire que finalement, il faut s'y faire à ce mode de vie qui n'est pas le nôtre, que oui ,il n'y a pas grand chose à faire à Chennai, et que c'est ça aussi l'Inde: se retrouver face à soi, sans le parasite pourtant bien confortable de nos activités quotidiennes qui remplissent nos vies hyperactives sans nous laisser le temps de penser.


C'est dur, mais c'est un défi à affronter pour vivre à fond cette aventure hors du commun! Et puis je ne suis pas seule: mes spice girls sont avec moi, plus ou moins dans le même état d'esprit, et on va toutes se battre pour se plier un minimum à l'Inde.

Et ça commence par une super bonne bouffe: au menu, steak de thon frais, avec purée de pommes de terre aux petits oignons faite maison et haricots verts à l'ail... what else??? Rien de tel qu'un bon repas pour reprendre du poil de la vache!On t'aura insaisissable Mother India!

dimanche 21 septembre 2008

chennai by night





Il faut savoir que dans la conservatrice Chennai se trouvent des petits îlots de branchitude (si si, je vous jure!)! ceux-ci sont résevés à nos nuits de folie indienne...qui finissent à 23h30!


Samedi, nous avons expérimenté une nouvelle boîte: Le SPEED (un peu ironique vu le rythme indien!)! Et devinez quoi??? J'avais l'impression d'être en France! Partout des ptits mecs pseudo beaugosses qui se la pétaient tous avec leur crête sur la tête, genre chalala du XVIIème, avec tous la même dégaine;Des ptites meufs qui n'osent pas danser sur la piste et qui sont toutes sur leur 31, à minauder avec un verre à la main...aaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhh ça fait du bien!!!

En plus, soirée électro, donc on a dansé comme des ouf!


En fait, on a eu vent de cette boîte grâce à 4 indiens avec lesquels on a sympathisé et qui sont...plus proches de nous on va dire, avec une mentalité beaucoup plus occidentalisée; mais le point commun de Deepak, I.K, Rahil et Ash, c'est qu'ils ont tous vécu quelques temps, soit en Europe, aux States, ou en Australie, et ça mes amis, ça change TOUT!!!

par exemple, quand on a demandé à Rahil si il allait se marier avec une fille que ses parents allaient trouver pour lui, il a répondu avec beaucoup de recul que effectivement, ce sont ces parents qui vont lui trouver sa femme; cependant, il aura la possibilité de refuser si elle ne lui plaît pas: il a le CHOIX!et ça, d'après lui, c'est une grande évolution !


Je ne peux pas évoquer nos soirées sur chennai (prononcer "tchénayyyyyyyyyy") sans parler du 10 Downing Street, dont nous sommes fidèles à l'Open Bar du mercredi! Franchement je ne crois pas qu'on ait passé une mauvaise soirée dans cette boîte fréquentée par pas mal d'expats, où la musique est juste géniale: est-ce que c'est pas la classe d'entendre des DJ français diffusés à l'autre bout du monde? Eh oui,la petite flamme patriote qui est en moi s'allume dès que j'entends Bob Sinclar et David Guetta!...et non pas quand je vois des photos du p'tit Nicolas!na!


Attention aux petits novices tout de même: on ne peut pas embrasser un garçon dans les boîtes à chennai, sinon gare aux videuuuuuuuuuuuuuuuuurs!

mercredi 17 septembre 2008

La lettre

Aujourd'hui, surprise dans la boîte aux lettres de l'immeuble: une enveloppe à mon nom dont l'écriture m'est familière... ANTOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINE!!!!!!!!!!!!!!Aaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhh!!!!!!!!!!!!!! Tellement contente! Qui plus qu' Antoine Idier pourrait avoir l'attention de m'envoyer une feuille manuscrite recto verso à l'heure des mails et sms??? Qui plus que lui savait que j'y serais ultra-méga-sensible?!! Tellement émue de lire ces quelques mots si antoinesques dans lesquels je retrouve mon compère (plus con que père d'ailleurs), à la fois drôle et touchant; la photo qui accompagne la lettre reflète elle-même le personnage décalé que j'aime tant et l'anecdote qui va avec m'évoque toutes les petites hontes qu'on a pu vivre ensemble!
Et pour couronner le tout, la lettre et la photo sont accompagnées d'un article du "Monde" sur les frères Boltanski, en référence à Luc Boltanski, auteur de la pièce de théâtre dans laquelle j'ai joué l'année dernière;et Antoine sait à quel mpoint cette pièce m'a tenue à coeur.
Donc voilà, tant d'attention m'a particulièrement touchée, émue, figé dans un sourire niais allant de delà à delà... Merci mon Tonio, tout simplement.

Cours, le retour

Juste un petit post pour compléter celui d’hier sur les cours ; en fait, on apprend beaucoup d’eux : non pas par leur contenu, mais plutôt grâce à leur forme. Le statut du professeur, en tant qu’entité nettement supérieur aux élèves, montre bien l’importance de la hiérarchie en Inde, omniprésente dans tous les aspects de la vie. Le respect sans faille de ses élèves (alors qu’ils n’ont pas vraiment leur mot à dire) témoigne du fait que cette hiérarchie est intériorisée comme une norme. Ce rapport prof/élève est le reflet de beaucoup d’autres relations sociales au pays de Gandhi, basées sur la domination ; ce qui rappelle étrangement le système des castes…

En plus, ces cours me font réaliser à quel point je suis ancrée dans ma propre culture « scolaire » : pour moi , un bon cours tourne autour d’une problématique, laisse place à la critique et à l’analyse, engage une réflexion ; Or ici, ceux-ci me paraissent tout bonnement fades. Mais pourquoi ces cours seraient-ils « inférieurs » à ceux dont j’ai l’habitude ? Justement car je n’ai pas l’habitude de ceux-ci, et on a tendance à peu aimer ce que l’on ne connaît pas, à juger à l’aune de sa propre culture. Ca s’appelle de l’ethnocentrisme, et je le pratique un peu trop souvent ici je pense ;je suis beaucoup plus imprégnée par ma culture que je ne l’aurais cru !
Cela dit, mes cours sont toujours nul à chier !Lucide mais butée…

mardi 16 septembre 2008

Holidays!

Lundi matin...wake uuuuuuuup!!! Encore un jour se lève sur la planète Chennai... et oui, on doit aller en cours...pas envie...aaaaaaaaaaaaarrrrrrghhhhhhhhh!!!! quand soudain, coup de fil de clémentine, notre géographe à nous, déjà partie à l'université, nous annoncant: "les filles il n'y a pas cours aujourd'hui car c'est une fête religieuse, un truc genre Anna's day!" Et là je replonge dans mes années collège ,quand je priais pour que le prof en retard soit en fait absent, et que l'on n'ait pas cours...YES!!!des vacances imprévues...what else?
Tout ça pour montrer quel est mon état d'esprit quand à l'université ici. Ne pas aller à la fac est un soulagement car les cours ne sont pas très intéressants:peu creusés, peu compréhensibles à cause de l'accent poulet curry -pudding, absolument pas interactifs, et encore moins analytiques!Vous l'aurez compris, je lève mon panneau "PAS CONTENT".

Petit tour de mes cours:
-INDIAN SOCIETY, STRUCTURE AND PROCESS: achtung!Ne vous fiez pas au titre alléchant: le prof répète 116 fois la même chose dans un cours purement descriptif qu'on pourrait retrouver plus détaillé sur wikipédia; très en surface, pas du tout engagé,décevant...

-INTERNATIONAL THOUGHT: très difficile à décrire, puisqu'en 2mois, nous n'avons eut cours que 2 fois! le prof était abset car il était...trop occupé!Le cours en lui-même relate les grandes théories de la pensée politique internationale, rien de très sexy, d'autant plus qu'il dure 2h.

- INTER-CULTURAL PHILOSOPHY: le cours le plus intéressant, surtout dans notre relation avec le prof;nous ne sommes que 4 à ce cours (nous 4, sans clémentine), ce qui le rend de fait plus interactif! Le contenu est pas mal: il s'appuie surtout sur le postulat que le multiculturalisme semble être un idéal atteignable face aux grandes tendances que sont par exemple l'anthropocentrisme ou le technocentrisme, dans un contexte de mondialisation et d'uniformisation des différentes cultures justement.

J'ai un dernier cours dans le département "défense et stratégie" dont je ne me rappelle plus l'intitulé! Il commence demain à 9h (mille fois trop tôt) donc il est grand temps pour moi d'aller dodoter! Buena noche

lundi 15 septembre 2008

C'est parti pout mamalliiiiiii!!!!!




Dimanche matin à Chennai. On se réveille toutes un peu blasées parce qu'il n'y a rien à manger, et que le brunch du dimache matin est une tradition inébranlable: que ce soient oeufs brouillés et fruits frais ou crêpes party, c'est un moment gastronomique privilégié de notre vie! D'ailleurs, je crois que les repas sont pour nous un baromètre à Chennai... Bref, ce jour là, le frigo vide n'a fait qu'accentuer un petit coup de moins général dû à une semaine peu remplie.

Quans soudain, dans un éclair de génie, notre Clémsou nationale nous dit avec sa gueule d'ange; "et si on partait à mamallipuram direction la plage???" Et c'est parti pour une aprèm bronzette totalement improvisée!

Mamallipuram est à environ 1h30 de bus de Chennai; nous sommes allées en fait sur une plage privée à 20km de là, histoire de marcher dans du sable propre, et de pouvoir se baigner en bikini (infaisable sur une plage peuplée d'indiens!)! En fait ce lieu dépendait d'un complexe hôtelier 100% pur bourge dont on a allègrement profité (eh oui nous nous sommes baignées dans la magnifique-piscine-même-pas-en-rêve-tu-l'imagines de ce palace)! Pur moment de bonheur à un moment où on en avait toutes besoin...

C'est un peu ça l'Inde: des retournements de situation imprévus, un passage brutal d'un état à un autre:de l'épuisement à l'extase, de la crasse au luxe. In India, "everything is possible" (je cite notre prof référent à l'université dont cette phrase prononcée durant notre 1er entretien résume, pour moi, l'Inde à elle seule)

dimanche 14 septembre 2008

Et si on restait à Chennai??




Depuis notre installation dans l'appart', on n'a pas arrêté de voyager: Ooty, pondichéry, Mamallipuram, Mysore, Bengalore, Hampi, Kérala, et j'en passe (en fait non, j'en passe pas, je crois que j'ai tout dit, mais c'était juste pour me la péter un peu!)... Mais là, on a pris collectivement la décision de rester pendant quelques temps sur Chennai. Eh oui!affrontons à bras le corps la pollution, la circulation de folie, les odeurs qui vous retournent le coeur avant même d'avoir pu murmurer un "ça pue grave", et la chaleur moite qui vous donne l'impression d'être aussi suante que Zizou après 9 coupes du monde d'affilées. Fini la fuite, c'est l'heure de s'implanter dans ce qui devient NOTRE ville pour une année.

Après de nombreuses discussions, nous avons décidé dans un premier temps de s'investir dans les projets de l'alliance française. Comme ils sont branchés Art&culture, j'ai songé à monter une petite pièce de théâtre dans ce cadre; apparemment ça pourrait fonctionner, mais bon, pour l'instant rien n'est fait. Je croise les doigts...inch'allah! On s'est également rendu dans une ONG: Speed Trust. Celle-ci a fait un travail impressionnant auprès de bidonvilles, en offrant de nombreux sevices: une crèche, des cours de soutien scolaire, une assistance sociale, une mutuelle, des formations à la couture et à la conduite de Rickshaw; on est vraiment restées bouche bée devant ce travail de Titan dans un contexte qui est loin d'être facile!Mais ils n'ont pas la place pour plusieurs bénévoles, dnc seule Oph, qui fait un mémoire sur la ville et la pauvreté, va bosser là-bas. OphélY, tu es l'ELUE!
Cette semaine fut bien sûre saupoudrée de cours à l'université (humhum...vous en saurez plus dans un article exclusivement consacrés à ceux-ci), mais surtout, couronnée d'une sortie au "10 downing street" notre désormais QG pour sortir à Chennai! ça fait teeeeeellement de bien de voir des indiens, et surtout, des indiennes s'éclater sur la piste! Une bouffée d'oxygène dans une ambiance pourtant enfumée...qui s'arrête malheureusement a 23h30, heure où toutes les boîtes ferment à Chennai...Oups!

"La coloc' de l'ambiance"!!!!



Bon, commençons par le commencement;l'Inde c'est avant tout ce concept: la coloc de l'ambiance! Réunies par un concours de circonstances, ces 5 filles dans le vent étaient faites pour se rencontrer!!! Les Spice Girls in India...qui l'eut cru? Remarquez, les filles épicées au pays du massala, rien de très surprenant finalement! Bref, on est toutes différentes, on se complète, tout en ayant des valeurs communes qui nous structurent en une entité maintenant célèbre dans tout Chennai! Clém, OphélY, Yaya, ClémentYne et moi réunies dans un appar't à faire manger un méchoui à Gandhi!On rit, on parle des heures, on mange (mais alors des bouffes de ma-lade), on sort, et même parfois, on bosse!

C'est le cocon occidental dont chacune pouvait rêver pour affronter Mother India, ce qui n'est pas tous les jours une mince affaire! Mais plus qu'une révolution glam dans la conservatrice Chennai, la coloc de l'ambiance a carrément décidé de s'ancrer dans la vie indienne, pour profiter à fond de cette année de folie qui est une chance indescriptible!

samedi 13 septembre 2008

ça y'est!


Voilà, après avoir clamé haut et fort "moi faire un blog???jamais!" je reviens sur mes positions.
"Un blog?pourquoi pas finalement!". J'avais envie de partager mes anecdotes, mes impressions sur l'Inde, mes ressentis par rapport à des situations quotidiennes pas toujours évidentes, mes voyages de ouf...bref, le blog s'imposait à moi, comme Jane à Tarzan, comme le nutella à la tartine, comme la vache à l'Inde...! (J'ai répété 3 fois le mot blog en un message, preuve de ma rédaction de foly)
Let's go my dearrrrrrr (avec l'accent indien)